<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/">
				<channel xml:lang="fr">
				<title>cybergrunge, le blog</title>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev</link>
				<description>Ceci est un blog. C’est cybergrunge qui écrit dedans.</description>
				<language>fr</language>
				<generator>Mes petites mains.</generator><item>
				<title>Fabrication d’un sillet de guitare compensé : comment ?</title>
				<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 14:54:47 GMT</pubDate>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev/fabrication-d-un-sillet-de-guitare-compense-comment</link>
				<description>
	Suite du billet sur les sillets compensés : on passe à la fabrication.
</description>
				<content:encoded><![CDATA[

<p id="description">
	Suite du billet sur les sillets compensés&nbsp;: on passe à la fabrication.
</p>

<p>
	J’étais donc satisfait par les résultats de mes sillets compensés, mais
	moins par leur matière, et les quelques adaptations que j’avais dû faire
	m’avaient motivé à me lancer&nbsp;: j’allais façonner mon propre sillet compensé,
	en os, sur le modèle des sillets Earvana. Il me fallait donc un modèle
	Earvana vierge de toutes modifications, et un bloc brut d’os à sillet
	(matière plébiscitée par les luthiers pour cet usage, en raison de sa
	réponse au taillage, ponçage et polissage, et en raison de la qualité du son
	associée). Hop, tous deux commandés chez Thomann.
</p>

<figure class="triple">
	<img src="images/fc26db3a49d5aea5.jpg" alt="Sillet compensé et bloc d’os brut côte à côte." loading="lazy">
	<img src="images/c762e31edd38a044.jpg" alt="Les mêmes, sous un autre angle." loading="lazy">
	<img src="images/90bc7ef98750108e.jpg" alt="Les mêmes, avec vue sur le dessous." loading="lazy">
	<figcaption>
		À gauche, un sillet compensé Earvana neuf. À droite, un bloc d’os à
		sillet brut. Je vais devoir tailler le second jusqu’à ce qu’il ait la
		même forme que le premier.
	</figcaption>
</figure>

<h2>Outillage</h2>

<p>
	D’abord, vendre un rein pour acheter les outils qu’il me manquait, c’est à
	dire à peu près tout ce qui est spécifique à la lutherie.
</p>

<h3>Pour tenir</h3>

<figure class="double">
	<img src="images/65f4e7040baeeda4.jpg" alt="Bloc de bois en forme de demi-cercle, taillé sur plusieurs côté pour accueillir un manche de guitare selon différentes hauteurs, avec du liège pour protéger." loading="lazy">
	<img src="images/d2c84088369cb8e4.jpg" alt="Étau de la taille d’une main environ, avec des mâchoires surélevées et taillées en pointes." loading="lazy">
	<figcaption>
		Un support à manche de guitare, et un étau à sillet.
	</figcaption>
</figure>

<h3>Pour mesurer</h3>

<figure class="triple">
	<img src="images/510fcb4294b550e1.jpg" alt="Règle métallique avec des entailles de plus en plus espacées d’une extrémité à l’autre." loading="lazy">
	<img src="images/752a7daa5c4c0498.jpg" alt="Tiges métalliques de différentes épaisseurs, double tige métallique séparée par une feuille de plastique d’épaisseur progressive, et machin bizarre servant à faire tenir les précédents sur la touche d’une guitare." loading="lazy">
	<img src="images/97a35f89c30889d5.jpg" alt="Pied à coulisse avec un écran LCD indiquant «&nbsp;0.3235 inches&nbsp;»." loading="lazy">
	<figcaption>
		Une règle à espacements, des jauges d’épaisseur en pouces et une cale à
		épaisseur progressive accompagnées de leur système de fixation mains
		libres, et un pied à coulisse numérique à affichage métrique et
		impérial.
	</figcaption>
</figure>

<h3>Pour tailler</h3>

<figure class="quintuple">
	<img src="images/462dfad105bcf902.jpg" alt="Limes sous formes de lames métalliques, de la taille d’un doigt environ (un peu plus long pour deux d’entre elles)." loading="lazy">
	<img src="images/a94ffbbbfb948996.jpg" alt="Deux limes longues et fines, à grains différents." loading="lazy">
	<img src="images/d34bf3c6b0d79d35.jpg" alt="Scie étroite." loading="lazy">
	<img src="images/4d16d77b3ddee40a.jpg" alt="Bloc métallique plat, de la moitié de la taille d’une carte bancaire environ, avec deux des tranches texturées pour limer." loading="lazy">
	<img src="images/6e1ce4be90c145a6.jpg" alt="Papier de verre et mini meules." loading="lazy">
	<figcaption>
		Un jeu de six limes à encoches de sillets, deux limes à façonner pour
		sillets (quatre grains différents, de grossier à très fin), une scie
		calibrée de 0.010 pouces d’épaisseur, une râpe à gorge de sillet de
		chevalet acoustique de 1/8 pouces (utilisée pour autre chose ici), du
		papier de verre et des mini meules style Dremel.
	</figcaption>
</figure>

<h3>Pour polir</h3>

<figure>
	<img src="images/6b6f081607a28451.jpg" alt="Feuilles de non-tissé de différentes couleurs." loading="lazy">
	<figcaption>
		Un jeu de six feuilles à polir de grains différents.
	</figcaption>
</figure>

<p>Oui, ça fait beaucoup d’investissement pour un foutu sillet, hein. 🙄</p>

<h2>Dégrossissage de la forme générale</h2>

<p>
	Je commence par prendre les mesures de la gorge du sillet de la guitare, et
	celles du sillet Earvana grâce au pied à coulisse numérique. Les cotes sont
	très précises, l’intonation de la guitare se joue au quart de poil de mouche
	près.
</p>

<p>Puis j’attaque le nonosse <del>à la moelle</del> à la meule.</p>

<figure>
	<img src="images/IMG_3498.jpg" alt="Taille de la forme compensée avec une meule montée sur une perceuse. Vu en coupe, le sillet fait un L.">
</figure>

<p>
	Les jauges d’épaisseur me permettent de vérifier rapidement où j’en suis par
	rapport aux mesures prises.
</p>

<figure class="double mixed-right">
	<img src="images/226684999528ccbf.jpg" alt="Trois jauges d’épaisseur." loading="lazy">
	<img src="images/04cdf28db6889a8a.jpg" alt="Les jauges empilées sous la partie compensée affleurent tout juste." loading="lazy">
	<figcaption>
		La mesure sur le sillet Earvana de la partie compensée était de 0.086
		pouces. J’empile donc des jauges de 0.40, 0.30 et 0.16 pouces pour
		vérifier rapidement l’avancée du meulage.
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Je place régulièrement le sillet dans la gorge pour contrôler l’avancée de
	la taille. Il doit à la fois reposer par sa base au fond de la gorge, qui
	est droite, et par sa partie compensée sur la touche, qui est courbe. Un bon
	contact est important pour le son.
</p>

<figure class="triple no-caption">
	<img src="images/0a0f2e83077b6f43.jpg" alt="Le sillet posé dans sa gorge sur la guitare. La courbure de la partie compensée suit la courbure de la touche." loading="lazy">
	<img src="images/ab76556c13aba0ec.jpg" alt="Le sillet est en contact avec le manche à la fois par sa base et par sa partie compensée." loading="lazy">
	<img src="images/199953bd0308057c.jpg" alt="Vue de dessus." loading="lazy">
</figure>

<h2>Détermination de l’emplacement des encoches</h2>

<p>
	Une fois le meulage terminé et peaufiné au papier de verre et à la pointe de
	cutter pour bien marquer l’angle, je reporte les futurs emplacements des
	encoches accueillant les cordes. Je me base sur la même largeur totale
	(entre mi grave et mi aigu) que celle du sillet Earvana.
</p>

<p>
	J’utilise la règle à espacements, outil indispensable en lutherie pour
	tracer ultra précisément les encoches. En effet, les cordes étant de
	diamètre différents, on ne peut pas juste diviser l’espace en cinq parties
	égales, sinon les cordes seraient de plus en plus proches en allant des
	aigues aux graves.
</p>

<p>
	Les luthiers expérimentés font ça à l’œil. Je ne suis pas un luthier
	expérimenté. 😅
</p>

<figure>
	<img src="images/8f92f74ddb1e26c7.jpg" alt="La règle est apposée sur le sillet Earvana pour en déterminer les espacements." loading="lazy">
	<figcaption>
		Les entailles le long de la règle à espacements sont de plus en plus
		éloignées les unes des autres sur les deux longueurs (ça démarre à une
		extrémité, et une fois arrivé à l’autre la progression continue sur
		l’autre côté). Il suffit donc de caler les espacements du sillet
		d’origine sur les six emplacements correspondants, et de reporter cette
		zone sur le sillet à tailler.
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Je fais l’entame des encoches à la scie calibrée de 0.010 pouces (c’est la
	largeur de mon encoche la plus étroite, celle de la corde de mi aigu), puis
	je commence à tailler à la largeur correspondant à chaque corde avec les
	limes à sillet&nbsp;: je mesure les diamètres de mon jeu de cordes au pied à
	coulisse, et j’utilise la lime qui a pile la même largeur si je la possède,
	ou bien une qui a 0.01 ou 0.02 pouces de plus (la tolérance est suffisante),
	ou bien la lime de la taille juste en dessous, que je devrai alors bouger un
	peu de droite à gauche pour gagner les centièmes de pouce nécessaires.
</p>

<p>
	Je vérifie régulièrement si ne me décale pas grâce à la règle à espacements,
	et je corrige si besoin. À ce stade, les entames sont dans une partie du
	sillet qui est très haute, et sera limée au fur et à mesure que j’avancerai
	dans la taille des encoches.
</p>

<figure class="double">
	<img src="images/5dd532961a31b6ee.jpg" alt="Le sillet est posé dans sa gorge, les encoches sont entamées à leur bon emplacement et leur bonne largeur dans le bloc." loading="lazy">
	<img src="images/df71672c5b5b8bec.jpg" alt="Les cordes posées pour vérifier, les emplacements ont l’air ok." loading="lazy">
	<figcaption>Pour l’instant, tout à l’air de bien se passer.</figcaption>
</figure>

<h2>Délimitation de la hauteur finale</h2>

<p>
	Pour l’instant, mon bloc est donc très haut. Je vais devoir enlever de la
	matière pour rapprocher les cordes de la touche. Il faut que je détermine de
	combien. Je dois additionner au minimum l’espace que je souhaite avoir sous
	les cordes, et l’épaisseur que je dois conserver pour que les encoches
	tiennent les cordes.
</p>

<p>
	L’espace théorique minimal sous les cordes est égal à la hauteur des
	frettes. En effet, en dessous de cette valeur, les cordes posées dans leurs
	encoches toucheraient la première frette, ce qui n’est pas le but. Mais on
	réserve en général une hauteur supplémentaire pour avoir un peu de marge
	d’usure. Et quand on taille un sillet pour la première fois on réserve
	encore plus parce qu’on flippe sa race de tout foirer.
</p>

<p>
	Je mesure donc la hauteur de mes frettes, cette fois grâce au pied à
	coulisse spécial dans lequel est ménagé une petite encoche, que j’ai reçu en
	cadeau pour avoir versé l’équivalent du PIB d’un petit État en commandes de
	matériel de lutherie chez <a href="https://www.stewmac.com/">Stewmac</a>. Je
	trouve 0.040 pouces.
</p>

<figure class="double mixed-left no-caption">
	<img src="images/59d3d9c409cdf8ba.jpg" alt="L’extrémité de la règle de ce pied à coulisse possède une encoche, permettant à la tige mobile de reposer dessus quand on pose la règle à cheval sur une frette." loading="lazy">
	<img src="images/997e6c4b88667014.jpg" alt="La tige mobile est «&nbsp;poussée&nbsp;» par la frette, ce qui ouvre le pied à coulisse de la hauteur équivalente, et indique sur l’écran une valeur négative correspondant à la hauteur de la frette." loading="lazy">
</figure>

<p>
	Grâce à la jauge d’épaisseur idoine, fixée contre le sillet à l’aide du
	bidule destiné à cet effet, je reporte au crayon la limite basse à ne
	surtout pas dépasser sinon on peut tout recommencer depuis le début (<span class="spoiler_alert"><span class="alert">spoiler</span>&nbsp;:<span class="spoiler">
			🤦‍♂️</span></span>).
</p>

<figure class="double">
	<img src="images/393192dd6df2cbcc.jpg" alt="Traçage de la ligne correspondant à la hauteur de frette, grâce à la jauge d’épaisseur 0.040 pouces." loading="lazy">
	<img src="images/a7f3d11e2f220bf6.jpg" alt="Le trait final, après ajout de la marge de réserve." loading="lazy">
	<figcaption>
		J’ai biseauté la mine au papier de verre fin pour pouvoir tracer au plus
		près de la jauge. J’ajoute une bonne grosse marge de réserve, et je me
		retrouve avec un gros trait pas beau mais fort utile.
	</figcaption>
</figure>

<h2>Façonnage de la compensation</h2>

<p>
	Quand soudain, je décide qu’il est temps de passer à l’étape de la
	compensation à proprement parler.
</p>

<p>
	Le sillet avance donc de 0.086 pouces sur la touche, ce qui est la valeur de
	compensation la plus élevée, celle de la corde de sol. Toutes les autres
	cordes doivent avoir une valeur de compensation propre inférieure, il va
	donc falloir reculer le point d’appui de chacune précisément jusqu’à cette
	valeur. Je mesure sur le sillet de référence avec le pied à coulisse, je
	reporte, et je taille.
</p>

<figure class="triple mixed-right">
	<img src="images/4663e6447fe7a844.jpg" alt="Taille des creux de compensation dans le sillet." loading="lazy">
	<img src="images/60603a598580a2ec.jpg" alt="Autre vue de la taille des creux." loading="lazy">
	<img src="images/47d887be3e51a62f.jpg" alt="Ça commence vaguement à ressembler au modèle à ce stade." loading="lazy">
	<figcaption>
		La râpe à gorge de sillet de chevalet a la bonne idée de faire
		exactement la largeur des creux de compensation individuels (1/8
		pouces). J’y vais très progressivement, et je mesure régulièrement
		l’avancée.
	</figcaption>
</figure>

<h2>Approche de la hauteur définitive</h2>

<p>
	La suite du travail va maintenant consister à abaisser le sommet
	progressivement, tout en continuant à tailler les encoches des cordes au fur
	et à mesure. Je dois garder un œil sur la hauteur du sommet (trop bas, et je
	n’ai plus assez de matière pour tenir les cordes), sur la hauteur des
	encoches (trop bas, et les cordes vont toucher la première frette), et sur
	la courbure du sommet, qui doit suivre le radius de la touche mais être plus
	épais côté cordes graves. L’encoche de la corde de mi grave doit faire la
	moitié du diamètre de la corde, l’encoche de la corde de mi aigu doit faire
	le diamètre de la corde. La hauteur des encoches intermédiaires doit être
	progressive entre ces deux extrémités.
</p>

<figure class="triple">
	<img src="images/98698fc7270890ba.jpg" alt="Le sillet dans l’étau&nbsp;; les creux de compensation sont faits, et les encoches sont toujours à leurs places." loading="lazy">
	<img src="images/78f458abdbb9893b.jpg" alt="Le sillet dans ma main&nbsp;; la courbure du sommet suit celle de la partie compensée, avec une légère excentration&nbsp;: il faut qu’il y ait un peu plus de matière vers les cordes les plus épaisses." loading="lazy">
	<img src="images/0dc58a08e56ae3d9.jpg" alt="Placé sur la guitare, avec les cordes, tout semble en ordre même si ces dernières sont encore beaucoup trop hautes, et que les marges de réserve dépassent des deux côtés." loading="lazy">
	<figcaption>
		On admire ce résultat intermédiaire miraculeusement pas encore chibré,
		et à ce stade encore fort de ses nombreuses marges de réserve.
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Je dois également arrondir l’arrière du sillet et commencer à tailler le
	profil de l’arrière des encoches pour accompagner le virage de chaque corde
	vers sa mécanique respective&nbsp;: les cordes de ré et sol sont les plus
	concernées sur ce modèle de guitare, les deux mi restent droits, et la et si
	sont intermédiaires. L’ouverture vers l’arrière doit également être un peu
	évasée afin d’avoir le moins de friction possible.
</p>

<figure>
	<img src="images/2dae599b4c1946dc.jpg" alt="L’arrière du sillet dans l’étau." loading="lazy">
	<figcaption>
		On distingue l’ouverture évasée des encoches vers leurs mécaniques
		respectives.
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Je taille le sommet à la lime à sillet moyenne, puis douce quand je commence
	à approcher de la limite. Je ne peux creuser les encoches qu’au fur et à
	mesure que j’abaisse le sommet, car les limes à encoches se coincent
	facilement si l’encoche est trop profonde. J’ai fait un éclat sur le bord
	d’une encoche à cause de ça 😱, heureusement au début donc dans une partie
	qui a été limée ensuite.
</p>

<p>
	Il faut aussi que le profil de l’encoche fasse une courbe qui tombe vers
	l’arrière&nbsp;: il faut accompagner la courbe de la corde vers la tête, sans
	angle abrupt qui coincerait la corde et userait le sillet. La taille doit
	donc se faire dans les trois dimensions de l’espace, avec autant de risques
	de se foirer.
</p>

<figure>
	<img src="images/Nut+-+How+I+make+a+Nut+-+Cutting+Bone+Nut+(Part+2)+Slot+Direction.png" alt="Schéma&nbsp;: sillet vu en coupe. La corde repose dans l’encoche qui s’arrondit vers la tête de la guitare." loading="lazy">
	<figcaption>
		L’encoche doit accompagner la courbure de la corde vers la tête, de
		façon à ce que celle-ci vienne se poser progressivement dessus en
		partant de la mécanique, et se trouve parallèle au manche à son point de
		départ au dessus de la touche. (Image
		<a href="https://hazeguitars.com/blog/how-to-make-a-bone-nut-part2">Gerry Hayes</a>)
	</figcaption>
</figure>

<figure class="double">
	<img src="images/d237cb494572d5b1.jpg" alt="Le sillet vu de l’arrière&nbsp;: contrôle de la courbure des encoches." loading="lazy">
	<img src="images/abeb9b429a33f551.jpg" alt="Le sillet vu de côté&nbsp;: contrôle de la hauteur des cordes." loading="lazy">
	<figcaption>
		Je contrôle régulièrement la hauteur des cordes et la courbe arrière des
		encoches en recordant à la tension normale.
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Quand je commence à approcher de la limite tracée au crayon, j’utilise la
	cale à hauteur progressive.
</p>

<figure>
	<img src="images/a2cc9d7ce2d98f4e.jpg" alt="La cale à hauteur progressive est constituée de deux lamelles métalliques entre lesquelles se trouve une pièce de plastique imprimée en 3D, dont l’épaisseur décroît progressivement. Le tout est flexible." loading="lazy">
</figure>

<p>
	Je la place comme les jauges d’épaisseur, sur la touche contre le sillet,
	maintenue par le bidule, de façon à imposer une limite physique aux limes à
	encoches. Cela me permet de continuer à tailler mes encoches directement sur
	la guitare, et d’atteindre la hauteur souhaitée quand je bute sur la cale.
	Cette hauteur va suivre la progressivité de la cale, et décroître de la
	corde de mi grave à la corde de mi aigu.
</p>

<p>
	J’ai d’abord choisi une valeur de hauteur assez grande (0.020 pouces) au
	dessus de la hauteur de mes frettes (0.040 pouces), pour avoir un peu de
	marge. Puis j’ai décalé la cale (décalé la cale&nbsp;! Ohé ohé&nbsp;! 🎵)
	progressivement jusqu’à avoir 0.055 pouces côté grave (donc 0.015 pouces au
	dessus des frettes).
</p>

<p>Je descends touuuuuut doucement.</p>

<figure>
	<img src="images/2001e77a1d890c6f.jpg" alt="Vue de côté, le sillet sur la guitare, avec les cordes en tension. En arrière-plan c’est le bordel, c’est normal, c’est mon bureau." loading="lazy">
	<figcaption>
		On commence à approcher de la hauteur définitive des cordes.
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Et je retourne régulièrement à l’étau pour continuer à abaisser le sommet au
	fur et à mesure de l’abaissement des encoches, je replace le sillet, je
	taille les encoches, je recorde, je remets en tension, je contrôle… Je ne
	suis pas luthier, donc je mets des plombes et je flippe.
</p>

<figure>
	<img src="images/d0ce92c6c9b4a6bc.jpg" alt="Magnifique photo d’un sillet dans son étau, avec une lumière rasante de fin de journée de septembre." loading="lazy" id="ogimage">
</figure>

<h2>Finitions</h2>

<p>
	Voilà, les encoches ont leurs formes, leurs positions et leurs hauteurs
	définitives, et le sommet fait une courbe qui suit le rayon de la touche
	avec un peu plus d’épaisseur côté grave.
</p>

<figure>
	<img src="images/85a7d2dba117b832.jpg" alt="Le sillet vu de dessus, avec les encoches terminées." loading="lazy">
	<figcaption>C’est pas le moment de tout foirer.</figcaption>
</figure>

<p>
	Restent les extrémités du sillet, qui dépassent toujours une fois posé sur
	la guitare. Et c’est important de les garder comme ça jusqu’au dernier
	moment, car les coups de lime qui dérape sont courants. Tout au long du
	travail j’ai fait en sorte de garder des marges de protection, et j’ai très
	bien fait 😅.
</p>

<p>
	Je positionne le sillet très précisément sur la guitare, avec les cordes en
	tension, et après avoir joué un peu pour être sûr de la position, je trace
	les extrémités au crayon en suivant les contours de la gorge. Je coupe le
	plus gros de ce qui dépasse à la scie, et j’affine à la lime. Gros grain,
	moyen grain, fin, ultra-fin, et je fais extrêmement attention en
	m’approchant de la zone finale.
</p>

<figure>
	<img src="images/10f077438f27b1e0.jpg" alt="Le sillet dans l’étau posé sur le côté, les extrémités en cours de limage pour atteindre le trait de crayon." loading="lazy">
</figure>

<p>Je contrôle régulièrement en replaçant le sillet sur la guitare.</p>

<figure class="double">
	<img src="images/84c5c80ed6f69bca.jpg" alt="Le sillet sur la guitare, vu de la touche&nbsp;: les extrémités affleurent juste.">
	<img src="images/97165a8482dcd4b5.jpg" alt="Vu de côté&nbsp;: le positionnement est parfait.">
	<figcaption>Eh ben je crois qu’on est pas mal là&nbsp;!</figcaption>
</figure>

<p>
	Dernière étape, le polissage. J’utilise du tissu à polir à grains
	successifs. Je polis également l’intérieur des encoches pour favoriser au
	maximum la glisse des cordes et éviter les problèmes d’accordages (à-coups
	et autres désaccordages intempestifs dans les secondes qui suivent
	l’accordage).
</p>

<figure class="double">
	<img src="images/c2d42d2c3e2cceff.jpg" alt="Le sillet en cours de polissage, encore mat." loading="lazy">
	<img src="images/ae949ddf96263ee9.jpg" alt="Le polissage est terminé, fini miroir." loading="lazy">
	<figcaption>Ooooh&nbsp;! Ça briiiille&nbsp;! C’est bôôôô 🤩</figcaption>
</figure>

<figure class="triple mixed-right">
	<img src="images/1167540efc2664ba.jpg" alt="Le sillet terminé, trois-quarts arrière." loading="lazy">
	<img src="images/d671f322e520530d.jpg" alt="Trois-quarts avant." loading="lazy">
	<img src="images/d32aebec0a896355.jpg" alt="Face avant." loading="lazy">
	<figcaption>Mon sillet est terminé&nbsp;! J’ai pas tout cassé&nbsp;! \o/</figcaption>
</figure>

<h2>Installation</h2>

<p>
	Plus qu’à coller, j’utilise de la Titebond, colle à bois plébiscitée par les
	luthiers. Quatre petits points de colle dans l’angle entre le fond de la
	gorge et la tranche de la touche. C’est repositionnable une ou deux minutes,
	ce qui permet d’ajuster le sillet vraiment à fleur du manche. Je recorde
	tout doucement pour bien serrer pendant le séchage.
</p>

<figure class="double">
	<img src="images/c762e31edd38a044.jpg" alt="Le sillet Earvana ayant servi de modèle, et bloc d’os brut de départ." loading="lazy">
	<img src="images/b607e993bef9fbe5.jpg" alt="Le sillet définitivement installé sur la Casino." loading="lazy">
	<figcaption>Le modèle, le bloc brut, et le résultat.</figcaption>
</figure>

<p>Alors, mission accomplie&nbsp;?</p>

<p>À plus pour les bonus&nbsp;!</p>
]]></content:encoded>
				</item><item>
				<title>Fabrication d’un sillet de guitare compensé : pourquoi ?</title>
				<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 14:54:47 GMT</pubDate>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev/fabrication-d-un-sillet-de-guitare-compense-pourquoi</link>
				<description>
	Pour ce premier billet (en deux parties), je triche un peu : je reprends et
	je complète un fil Mastodon sur la lutherie que j’avais posté en septembre
	2020.
</description>
				<content:encoded><![CDATA[

<p id="description">
	Pour ce premier billet (en deux parties), je triche un peu&nbsp;: je reprends et
	je complète un fil Mastodon sur la lutherie que j’avais posté en septembre
	2020.
</p>

<figure>
	<img src="images/Guitar_nut.jpg" alt="Sillet de tête sur une guitare.">
	<figcaption>
		Le sillet de tête est la partie d’un instrument à cordes qui soutient et
		espace les cordes en haut du manche. (Photo
		<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Nut_(string_instrument)#/media/File:Guitar_nut.jpg">Wikipédia</a>)
	</figcaption>
</figure>

<h2>Le problème avec les frettes</h2>

<p>
	La guitare n’est pas un instrument parfaitement juste. Je crois qu’on dit
	que ce n’est pas un instrument «&nbsp;tempéré&nbsp;», contrairement au piano par
	exemple. La raison&nbsp;? Les frettes sont droites et parallèles, alors qu’elles
	soutiennent six cordes qui diffèrent par leur diamètre, leur composition, et
	leur tension.
</p>

<figure>
	<img src="images/Frets,_guitar_neck,_C-major_chord.jpg" alt="Frettes de guitare.">
	<figcaption>
		Les frettes d’une guitare sont des barres métalliques fixées sur le
		manche perpendiculairement aux cordes, et traditionnellement
		rectilignes. Elles servent à faire vibrer les cordes à différentes
		longueur pour produire différentes fréquences, donc différentes notes.
		(Photo
		<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Fret#/media/File:Frets,_guitar_neck,_C-major_chord.jpg">Wikipédia</a>)
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Comparons avec les formes volutées de la table d’harmonie d’un piano, ou
	celles de la console d’une harpe.
</p>

<figure>
	<img src="images/table-dharmonie-scaled.jpg" alt="Table d’harmonie d’un piano à queue.">
	<figcaption>
		(Photo
		<a href="https://www.jbchatel.com/piano/table-harmonie-piano/">JB Chatel</a>)
	</figcaption>
</figure>

<figure>
	<img src="images/Salvi_harp_Diana.jpg" alt="Harpe.">
	<figcaption>
		(Photo
		<a href="https://de.wikipedia.org/wiki/Harfe#/media/Datei:Salvi_harp_Diana.jpg">Wikipédia</a>)
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Sur une guitare parfaitement accordée avec un sillet de tête droit et des
	frettes classiques, certaines notes le long du manche vont sonner un peu
	faux, soit trop hautes, soit trop basses. On compense traditionnellement en
	partie ces décalages avec un sillet de chevalet incliné, voire partiellement
	compensé sur les guitares acoustiques, ou totalement compensé sur la plupart
	des électriques.
</p>

<figure>
	<img src="images/original.jpg" alt="Sillet de chevalet sur une guitare acoustique.">
	<figcaption>
		Sur cette guitare acoustique, le sillet de chevalet est non seulement
		incliné, mais également en deux parties&nbsp;: les deux cordes les plus
		aigues reposent sur un morceau de sillet placé en retrait. (Photo
		<a href="https://www.esptakamine.com/articles/2011675-understanding-takamine-s-split-saddle-design">Takamine</a>)
	</figcaption>
</figure>

<figure>
	<img src="images/Tune-o-Matic_LP1.jpg" alt="Sillet de chevalet sur une guitare électrique.">
	<figcaption>
		Sur cette guitare électrique, le sillet de chevalet est aussi incliné,
		et entièrement compensé&nbsp;: chaque corde repose sur un morceau de sillet
		dont la position dans le sens de la longueur peut être ajusté. (Photo
		<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tune-o-matic#/media/Fichier:Tune-o-Matic_LP1.jpg">Wikipédia</a>)
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Évidemment, il ne s’agit que d’une compensation partielle. Jouer sur la
	position d’appui de chaque corde à un seul endroit ne permet pas de
	retrouver une justesse, (ou intonation) parfaite. Le sillet de tête et les
	frettes restent droits et parallèles.
</p>

<p>
	Il existe des guitares dites «&nbsp;tempérées&nbsp;», où le sillet de tête est droit,
	mais les frettes sont courbées en fonction de la zone d’appui idéale pour
	chaque corde et chaque note.
</p>

<figure>
	<img src="images/Ateliers-de-Paris01.jpg" alt="Guitares tempérées, à frettes courbes.">
	<figcaption>
		Non, cette image n’est pas distordue, ce sont vraiment les frettes qui
		sont courbes sur ces guitares tempérées. (Photo
		<a href="https://www.guitariste.com/articles/guitare-temperee,766,1.html">Nicolas Gardon</a>)
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Cette solution extrême induit des contraintes dans le style de jeu, oblige à
	n’utiliser que le type de corde pour lequel les positions des frettes ont
	été étudiées, et constitue un casse-tête épouvantable pour la maintenance
	des frettes (qui, en tant que consommables sujets à l’usure, doivent être
	régulièrement retaillées et à terme remplacées sur n’importe quelle
	guitare).
</p>

<h2>L’art du compromis</h2>

<p>
	Justesse approximative, équilibre entre confort de jeu et frise dans le
	réglage de la hauteur des cordes, équilibre entre niveau de sortie et
	interférence magnétique dans le réglage de la hauteur des micros, la guitare
	est une école du compromis. Je l’ai appris en essayant de comprendre
	pourquoi la corde de sol ne sonnait jamais parfaitement juste à la fois sur
	un accord ouvert de do et un accord ouvert de ré, et pourquoi c’était plus
	flagrant sur une électrique que sur une acoustique.
</p>

<p>
	La tolérance à cette différence de justesse dépend évidemment de l’oreille
	de chacun. J’ai le malheur d’être suffisament sensible à cette petite
	variation de fréquence, donc le compromis classique d’un sillet de tête
	droit et de frettes droites couplés à un sillet de chevalet compensé ne me
	suffisait pas. En tout cas, sur mes guitares électriques. Mais au fait,
	pourquoi principalement sur les électriques&nbsp;?
</p>

<h2>Le cas particulier des guitares électriques</h2>

<p>
	Comme évoqué plus haut, la différence de comportement de chaque corde
	provient de sa tension, de son diamètre, mais aussi et surtout de sa
	composition. Le diamètre de la partie non filetée d’une corde (son «&nbsp;âme&nbsp;»)
	est ce qui a la plus grande influence dans ce domaine, et le filetage des
	cordes graves, même s’il joue sur le diamètre général, n’a pas autant
	d’impact.
</p>

<figure>
	<img src="images/Roundwound_strings.png" alt="Schéma du filetage d’une corde.">
	<figcaption>
		Le filetage d’une corde est le câble très fin enroulé autour de l’âme.
		(Image
		<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/String_(music)#/media/File:Roundwound_strings.png">Wikipédia</a>)
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Sur un jeu de cordes acoustiques, quatre cordes sont filetées, et deux sont
	lisses. Donc l’âme de la plus fine filetée est plus fine que les deux cordes
	non filetées. Ça explique que le décalage des chevalets acoustiques
	compensés s’applique aux deux cordes aigues.
</p>

<p>
	Sur les guitares électriques, passée une période où quatre cordes étaient
	filetées et le chevalet compensé en fonction, seules trois cordes sont en
	général filetées. Le comportement de la corde de sol est donc totalement
	différent sur une acoustique et sur une électrique.
</p>

<figure>
	<img src="images/BLOGIMG+-+Plain+or+Wound+G+Intonation+Compensation+-+Wrapover+Comparison.jpg" alt="Chevalets de guitare électrique ancienne et nouvelle génération.">
	<figcaption>
		La compensation de la corde de sol au chevalet n’est pas la même selon
		que celle-ci est filetée ou non. (Photo
		<a href="https://hazeguitars.com/blog/an-old-g-and-a-new-g">Gerry Hayes</a>)
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Bref, sur une électrique, ce défaut de justesse de la corde de sol sur les
	accords ouverts en haut de manche va au delà de ma tolérance. Un jour, j’ai
	fait un test un plaçant un petit morceau d’allumette sous cette corde de
	sol, en avant du sillet, et j’ai constaté une amélioration de l’intonation.
	Ce n’était pas juste mon accordeur qui déconnait&nbsp;! Alors, comment trouver un
	meilleur compromis&nbsp;?
</p>

<h2>Meilleure invention toujours (comme disent les anglophones)</h2>

<p>Je vous présente le sillet de tête compensé.</p>

<figure>
	<img src="images/earv.jpg" alt="Sillet de tête compensé sur une guitare." id="ogimage">
	<figcaption>
		Le sillet compensé n’est plus droit, mais avance plus ou moins sur le
		manche selon la corde, pour modifier le point d’appui et donc la
		longueur totale vibrante de celle-ci. (Photo
		<a href="https://www.realparts.com.au/nuts/earvana-nuts/earvana-gibson-drop-in-style-nut.html">realparts.com</a>)
	</figcaption>
</figure>

<p>
	De nombreuses expérimentations ont été menées dans ce domaine depuis
	longtemps, et certains luthiers le proposent à leur clients. Mais dans le
	domaine grand public, une marque s’est fait une place en vendant des sillets
	compensés prêts à poser aux dimensions adaptées aux guitares des plus grands
	fabricants&nbsp;: Earvana. Leur promesse&nbsp;: améliorer le compromis de la
	compensation.
</p>

<figure>
	<img src="images/37799554-pitch_comparison.png" alt="Tableau de Earvana comparant les défauts de justesse entre un manche équipé d’un sillet classique et un manche équipé d’un de leurs sillets compensés.">
	<figcaption>
		Sur ce tableau, on voit les différences en centièmes de ton entre ce qui
		est attendu et ce qui est perçu sur chaque case d’un manche normal et
		d’un manche équipé d’un sillet Earvana. Beaucoup de notes trop hautes et
		peu de notes trop basses sur le manche normal, aucune note trop haute et
		un peu plus de notes trop basses avec le sillet compensé. Le compromis
		est meilleur avec ce dernier. (Image
		<a href="https://earvana.com/">Earvana</a>)
	</figcaption>
</figure>

<p>J’ai essayé, j’ai adopté.</p>

<p>
	Sur ma Les Paul, il m’avait fallu poncer le bas du sillet pour l’adapter,
	mais également le bas de la partie qui s’avance sur la touche car les
	encoches prévues amenaient les cordes beaucoup trop haut (ce qui est une
	autre source de défaut d’intonation en plus d’être plus difficile à jouer).
	Une fois tout bien réglé à ma convenance, j’étais conquis. Lorsque je me
	suis offert une Casino il y a deux ans, j’ai aussitôt commandé un nouveau
	sillet Earvana pour l’installer. Mais j’ai également acheté des limes à
	encoches pour pouvoir baisser l’action des cordes à ce niveau plutôt qu’en
	ponçant la partie compensée par le bas. En effet, cette partie suit le rayon
	de courbure du manche, donc c’est assez fastidieux à poncer. La gorge du
	sillet sur cette Casino étant assez profonde 🐷, j’ai également dû façonner
	et coller une cale en bois à la bonne dimension. Ça faisait beaucoup de
	travail pour un sillet prêt-à-poser…
</p>

<p>
	La matière des sillets Earvana n’est pas non plus très satisfaisante&nbsp;: il
	s’agit d’un plastique certes de meilleure qualité que les horreurs qui sont
	posées par défaut sur les guitares d’entrée et de moyenne gamme, mais
	plastique quand même. Qui plus est, qui fonce à force d’être exposé
	<del>aux projecteurs de la scène de l’Arena</del> à la lumière de mon
	bureau.
</p>

<p>
	J’avais des limes et j’étais fier du petit travail d’adaptation que j’avais
	réussi à faire. Et si j’allais plus loin&nbsp;? 🤔
</p>

<p>Je suis allé plus loin.</p>

<p>À suivre&nbsp;!</p>
]]></content:encoded>
				</item><item>
				<title>Tout est politique, même le ping-pong</title>
				<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 14:54:47 GMT</pubDate>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev/tout-est-politique-meme-le-ping-pong</link>
				<description>
	Je me suis inscrit au club de tennis de table à côté de chez moi.
</description>
				<content:encoded><![CDATA[

<p id="description">
	Je me suis inscrit au club de tennis de table à côté de chez moi.
</p>

<p>
	Lors des deux premières séances, j’ai dû affronter deux types
	d’adversaires&nbsp;: ceux qui étaient vachement meilleurs que moi et me donnaient
	des conseils, et ceux qui étaient vachement meilleurs que moi et me
	mettaient la pâtée. (Dans tous les cas, je prévenais que j’étais débutant.)
</p>

<p>
	Les premiers étaient contents de pouvoir tirer vers le haut un nouvel
	adversaire. Quel qu’ait été leur parcours, ils se sont retrouvés dans la
	même situation que moi au début. Et le reste du groupe a fait en sorte
	qu’ils atteignent leur niveau actuel. Cela leur paraît donc non seulement
	normal de participer à l’enseignement collectif dont ils ont bénéficié, et
	logique d’investir du temps afin de rendre un adversaire de plus en plus
	intéressant à affronter.
</p>

<p>
	Les seconds ont juste pris plaisir à vaincre un adversaire qu’ils savaient
	déjà être en infériorité. Ils ont pris ce qu’ils avaient à prendre au
	groupe, et s’en servent désormais pour dominer, sans s’interroger sur la
	mort inéluctable de l’intérêt des nouveaux arrivants pour le jeu, si tous
	les anciens se comportaient de la sorte.
</p>

<p>
	Toute ressemblance avec des idéologies politiques opposées concernant la
	solidarité sociale et la compétition économique me paraît totalement
	limpide.
</p>
]]></content:encoded>
				</item><item>
				<title>J’ai pris le bus</title>
				<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 14:54:47 GMT</pubDate>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev/j-ai-pris-le-bus</link>
				<description>
	Hier il pleuvait, alors je n’ai pas pu prendre le vélo : une aventure de
	cybergrunge.
</description>
				<content:encoded><![CDATA[

<p id="description">
	Hier il pleuvait, alors je n’ai pas pu prendre le vélo&nbsp;: une aventure de
	cybergrunge.
</p>

<p>J’attends le bus.</p>

<p>Il pleut.</p>

<p>
	Je tiens mon parapluie d’une main, mon téléphone pour lire les bêtises des
	copains sur Signal de l’autre.
</p>

<p>Le bus arrive.</p>

<p>
	Je n’arrive pas à remettre mon téléphone dans la poche avec une seule main.
	La main qui tient le parapluie l’aide, et je prends le parapluie dans la
	gueule.
</p>

<p>
	Je sors mon masque. Je n’arrive pas à mettre mon masque à une main. La main
	qui tient le parapluie l’aide, et je prends le parapluie dans la gueule.
</p>

<p>
	La porte du bus s’ouvre. J’étais devant, mais le temps de gérer les
	événements précédents tout le monde est passé devant moi.
</p>

<p>
	Je plie le parapluie, mais je n’ai pas le temps de l’attacher fermé.
	J’essaye de sortir mon téléphone dans la coque duquel se trouve ma carte de
	bus, mais je n’y arrive pas à une main. La main qui tient le parapluie
	dégoulinant l’aide et me trempe le jean.
</p>

<p>
	Je veux valider. Mais je ne vois pas le valideur parce que j’ai plein de
	buée sur les lunettes à cause du masque. Mes deux mains sont prises.
	J’essaye d’enlever mes lunettes avec la main qui tient le parapluie et je
	trempe mon sweat.
</p>

<p>
	Je valide, je trouve miraculeusement une place assise, j’ai un parapluie,
	une paire de lunettes et un téléphone dans les mains, et je dois maintenant
	enlever mon sac à dos. Je fais tout tomber. J’enlève mon sac à dos. Je
	ramasse. Je m’asseois.
</p>

<p>
	Je hurle très très fort intérieurement d’un air dégagé en éprouvant le
	regard pesant des autres passagers.
</p>

<figure>
	<img src="images/IMG_3936.jpg" alt="Tas composé de mon sac à dos, mon parapluie, mon téléphone, ma carte de bus, mon masque, et mes lunettes." loading="lazy" id="ogimage">
</figure>
]]></content:encoded>
				</item><item>
				<title>
	L’atteinte du seuil d’ignition en fusion nucléaire par le laboratoire
	Livermore de l’Université de Californie est une excellente nouvelle
</title>
				<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 14:54:47 GMT</pubDate>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev/l-atteinte-du-seuil-d-ignition-en-fusion-nucleaire-par-le-laboratoire-livermore-de-l-universite-de-californie-est-une-excellente-nouvelle</link>
				<description>
	Voilà, il y aura au moins un petit endroit sur le web où ce titre sera
	inscrit sans équivoque.
</description>
				<content:encoded><![CDATA[

<p id="description">
	Voilà, il y aura au moins un petit endroit sur le web où ce titre sera
	inscrit sans équivoque.
</p>

<p>
	Et tous les fâcheux qui se vautrent dans le confort facile des énergies
	sales et en déclin d’aujourd’hui tout en critiquant les tentatives
	scientifiquement démarchées d’avoir de l’énergie propre demain sont priés de
	lever le pied sur l’indécence, merci.
</p>
]]></content:encoded>
				</item><item>
				<title>
	Le réchauffement climatique, le journaliste, la thermodynamique et l’opinion
	publique
</title>
				<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 14:54:47 GMT</pubDate>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev/le-rechauffement-climatique-le-journaliste-la-thermodynamique-et-l-opinion-publique</link>
				<description>
	Ouh, mais ça fait longtemps que je n’avais rien publié. Râlons un peu pour
	relancer la machine.
</description>
				<content:encoded><![CDATA[

<p id="description">
	Ouh, mais ça fait longtemps que je n’avais rien publié. Râlons un peu pour
	relancer la machine.
</p>

<p>Ce matin, une collègue tout juste rentrée de vacances&nbsp;:</p>

<blockquote>
	Nous on est partis en Espagne avec le camion. Et toi t’as bougé&nbsp;?<br>

	— Non, on est restés là.<br>

	— Ah ouais, au chaud quoi 😅<br>

	— Bah tu sais on a la clim dans l’appart, donc on était à l’abri.<br>

	— Aaaaah, je vois, c’est toi le réchauffement climatique en fait 😁
</blockquote>

<p>Bon, de la part de cette collègue, je sais que ce n’était qu’une blague.</p>

<p>MAIS.</p>

<p>
	Le simple fait que cette blague lui soit venue spontanément, alors même
	qu’elle venait de me dire qu’elle avait parcouru 1000 kilomètres dans un
	<span lang="en">van</span> et que je venais de lui dire que je n’en avais
	parcouru aucun, en dit long sur l’opinion publique à propos de la
	climatisation.
</p>

<p>Quelques mises au point s’imposent.</p>

<h2>Le réchauffement climatique</h2>

<p>
	Ouaip,
	<a href="https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg3/downloads/report/IPCC_AR6_WGIII_SPM.pdf" lang="en">c’est la merde</a>.
</p>

<h2>Le journaliste et la thermodynamique</h2>

<h3>Le froid contre le chaud</h3>

<p>
	Tout l’été, j’ai vu passer des articles ventant la technique du bol de
	glaçons devant le ventilateur, afin de se passer de climatisation car
	celle-ci contribue au réchauffement climatique (passons poliment sur le fait
	que le journaliste n’a toujours pas compris que la climatisation en France
	marche à l’uranium et n’a donc que très peu d’impact en termes d’émission de
	gaz à effet de serre) et à l’effet d’îlot de chaleur urbain.
</p>

<p>
	On ne fabrique pas du froid. Jamais. C’est impossible. Cela reviendrait à
	violer les lois de la thermodynamique, et par là même les fondements de
	notre réalité, y compris l’écoulement du temps dans le sens
	passé-présent-avenir.
	<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Entropie_(thermodynamique)">Ben ouais</a>.
</p>

<p>
	On ne peut que <strong>déplacer</strong> de la chaleur. Une climatisation
	concentre la chaleur présente dans l’air, et l’évacue vers l’extérieur.
	Voilà pourquoi elle ventile de l’air chaud à l’extérieur en plus de ventiler
	de l’air froid à l’intérieur.
</p>

<p>
	Un congélateur fait exactement la même chose, sauf qu’il ventile la chaleur
	à l’extérieur de son compartiment, mais pas à l’extérieur du bâtiment. Toute
	la chaleur évacuée du congélateur se retrouve donc dans le logement. Chaleur
	dont on essaye de se protéger avec un bol de glaçons. Glaçons dont la
	fabrication a nécessité une augmentation de la température du logement. Etc.
</p>

<figure>
	<img src="images/problem.gif" alt="Trollface dans un bateau, tenant une perche munie d’un aimant pour faire avancer le-dit bateau également équipé d’un aimant. «&nbsp;Problem&nbsp;?&nbsp;» demande-t-il." loading="lazy">
</figure>

<p>
	Il n’y a <strong>aucun</strong> avantage écologique à la technique du bol de
	glaçon par rapport à une climatisation. Au contraire même, puisque
	l’efficacité négative de cette technique va pousser à une fuite en avant
	consistant à fabriquer encore plus de glaçons.
</p>

<h3>Le chaud contre le froid</h3>

<p>
	Savez-vous quelle technologie, en revanche, n’est jamais pointée du doigt
	par le journaliste, et ce parce qu’elle est parée des plus hautes vertus
	écologiques&nbsp;? La climatisation.
</p>
<p>Ah non, pardon, la pompe à chaleur.</p>
<p>
	Ah non, pardon, en fait <strong>c’est exactement le même appareil</strong>.
</p>

<p>
	Un système de chauffage par pompe à chaleur concentre la chaleur présente
	dans l’air, et l’évacue vers l’intérieur. Voilà pourquoi elle ventile de
	l’air froid à l’extérieur en plus de ventiler de l’air chaud à l’intérieur.
</p>

<p>
	Et voilà pourquoi les pompes à chaleur sont réversibles&nbsp;: elles font
	chauffage en hiver, et climatisation en été.
</p>

<h2>L’opinion publique</h2>

<p>
	L’hiver prochain, justement, s’annonce rude. Non que les prévisions météo
	soient déjà disponibles, mais on sait déjà qu’on ne pourra pas se chauffer
	avec le gaz russe.
</p>

<p>
	En fait, c’est plutôt une bonne nouvelle, puisque ça va permettre à plein de
	gens de comprendre qu’il faut se passer de combustibles fossiles. Les pompes
	à chaleur vont sans doute connaître un
	<span lang="en">boom</span> d’installations, soutenu par les aides
	gouvernementales.
</p>

<p>
	Qui osera remettre en question l’avancée écologique de ces installations&nbsp;?
	Les mêmes qui ont critiqué leur utilisation cet été&nbsp;? On parle pourtant bien
	du même appareil&nbsp;: une pompe à chaleur. On parle pourtant bien du même
	usage&nbsp;: le confort thermique du logement. On parle pourtant bien des mêmes
	impacts&nbsp;: consommation d’électricité et création d’îlots de chaud ou de
	froid (pendant une période où l’on souhaite se prémunir contre l’un ou
	contre l’autre) dans les zones densément équipées.
</p>

<p>
	Avec une différence toutefois&nbsp;: en hiver on peut enfiler un pull, en été on
	ne peut pas ôter sa peau.
</p>

<p>
	Mais cet été, pour l’opinion publique, c’est ma pompe à chaleur nucléaire
	qui était coupable du réchauffement climatique, quand je restais chez moi au
	lieu de brûler de l’essence.
</p>

<p>
	Mais cet hiver, pour l’opinion publique, c’est ma pompe à chaleur nucléaire
	qui sauvera le monde du réchauffement climatique.
</p>

<p>🤷</p>
]]></content:encoded>
				</item><item>
				<title>Trois, deux, un, zéro.</title>
				<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 14:54:47 GMT</pubDate>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev/trois-deux-un-zero</link>
				<description>
	Les résultats de l’élection présidentielle française 2022 sont tombés.
</description>
				<content:encoded><![CDATA[

<p id="description">
	Les résultats de l’élection présidentielle française 2022 sont tombés.
</p>

<h2>Trois</h2>

<p>
	<a href="https://report.ipcc.ch/ar6wg3/pdf/IPCC_AR6_WGIII_SummaryForPolicymakers.pdf">Selon le GIEC</a>, il ne nous reste que trois ans pour mener les actions qui nous
	permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre avant la
	catastrophe que constituerait un réchauffement de plus de deux degrés. Et ça
	ne concerne que le réchauffement climatique, les autres enjeux écologiques
	ne font qu’ajouter des échéances.
</p>

<h2>Deux</h2>

<p>
	<a href="https://reseauactionclimat.org/presidentielle-candidats-climat/">Selon le Réseau Action Climat</a>, seuls deux programmes proposés aux présidentielles étaient en mesure de
	prendre en charge la lutte contre cette extinction imminente de l’humanité
	(ou en tout cas de sa civilisation)&nbsp;: celui de Yannick Jadot (encore heureux
	pour un programme écologiste), et celui de Jean-Luc Mélenchon.
</p>

<h2>Un</h2>

<p>
	<a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/02/08/election-presidentielle-2022-que-montrent-les-principaux-sondages_6112830_4355770.html">Selon les sondages</a>, un seul de ces deux programmes était en mesure d’être qualifié pour le
	second tour&nbsp;: celui de Jean-Luc Mélenchon.
</p>

<h2>Zéro</h2>

<p>
	Le peuple de ce pays a fait le choix, activement ou passivement selon les
	convictions de chacun, d’ignorer le naufrage en cours, d’ignorer les alertes
	omniprésentes, d’ignorer les solutions patiemment étudiées et mises à sa
	disposition.
</p>

<p>
	Dont acte. Je choisis d’ignorer ce peuple. Je n’ai rien en commun avec
	l’écrasante majorité de ces gens, je serai donc indifférent à leur destin.
	Je ne prendrai plus part aux discussions politiques autour de moi. Je
	résilie mes abonnements aux différents médias politiques et sociaux. Et bien
	évidemment, je ne voterai plus (mais j’aurai la décence de fermer ma gueule
	au lieu de faire de l’absention un étendard).
</p>

<p>Voilà, moi, je descends ici.</p>
]]></content:encoded>
				</item><item>
				<title>Une seconde police dédiée à la lisibilité sur le blog</title>
				<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 14:54:47 GMT</pubDate>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev/une-seconde-police-dediee-a-la-lisibilite-sur-le-blog</link>
				<description>
	Je viens de changer la police CSS utilisée pour le texte courant.
</description>
				<content:encoded><![CDATA[

<p id="description">
	Je viens de changer la police CSS utilisée pour le texte courant.
</p>

<p>
	J’utilisais déjà ici la police
	<a href="https://luciole-vision.com/">Luciole</a>, « conçue spécifiquement
	pour les personnes malvoyantes » par le Centre Technique Régional pour la
	Déficience Visuelle et le studio typographies.fr, pour la titraille et
	quelques éléments courts, mais je la trouve beaucoup trop épaisse pour du
	texte courant.
</p>

<p>
	J’essaye donc à partir d’aujourd’hui la police
	<a href="https://brailleinstitute.org/freefont"><span lang="en">Atkinson Hyperlegible</span></a>, conçue par le <span lang="en">Braille Institute</span>.
</p>

<p>
	J’ai dû augmenter un peu la taille de base, car elle est curieusement assez
	petite.
</p>

<p>
	Vous pouvez me donner votre avis
	<a href="https://diaspodon.fr/@cybergrunge">sur Mastodon</a>.
</p>
]]></content:encoded>
				</item><item>
				<title>Le disque vinyle : débunkage</title>
				<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 14:54:46 GMT</pubDate>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev/le-disque-vinyle-debunkage</link>
				<description>
	Un autre déterrage de fil Mastodon, cette fois sur les inepties qu’on peut
	lire à propos du disque microsillon. À une époque où je parcourais le web à
	la recherche de documentation sur l’histoire de l’enregistrement sonore, je
	tombais régulièrement sur des affirmations qui me faisaient sauter en l’air
	à propos du vinyle. En voici quelques exemples.
</description>
				<content:encoded><![CDATA[

<p id="description">
	Un autre déterrage de fil Mastodon, cette fois sur les inepties qu’on peut
	lire à propos du disque microsillon. À une époque où je parcourais le web à
	la recherche de documentation sur l’histoire de l’enregistrement sonore, je
	tombais régulièrement sur des affirmations qui me faisaient sauter en l’air
	à propos du vinyle. En voici quelques exemples.
</p>

<blockquote>Le vinyle sonne mieux parce qu’il est analogique.</blockquote>

<p>Non.</p>

<p>
	L’électricité dans notre cerveau qui déclenche notre émotion musicale est
	analogique, comme le mouvement de nos tympans, comme la variation de
	pression de l’air, comme le mouvement de la membrane de nos haut-parleurs,
	comme l’électricité dans les câbles qui les relient à notre amplificateur
	hi-fi, comme le signal qui sort du
	<abbr title="Digital to Analog Converter">DAC</abbr> intégré à notre lecteur
	<abbr title="Compact Disc">CD</abbr>, notre smartphone ou notre ordinateur.
	Nous n’entendrions aucune différence si ce qui se situe avant était un
	disque sur une platine vinyle, ou bien l’enregistrement numérique de ce même
	disque tournant sur cette même platine, même si cet enregistrement était en
	mp3 avec un <span lang="en">bitrate</span> supérieur à 128&nbsp;<abbr title="kilo bits per second">kbps</abbr>, toutes les expériences en double aveugle avec du matériel actuel l’ont
	prouvé.
</p>

<blockquote>Le vinyle sonne plus chaud, plus rond.</blockquote>

<p>Oui.</p>

<p>
	Mais c’est dû au fait qu’il n’existe que peu de cellules phono capables
	d’extraire les sons aigus aussi bien qu’un lecteur numérique. Et que les
	extrêmes aigus sont les premières fréquences à être détruites par les
	frottements répétés du diamant sur les parois du sillon. Les personnes qui
	aiment ce son particulier aiment le son qui a été dégradé par rapport à
	l’enregistrement d’origine. Elles peuvent aussi essayer avec
	<a href="https://www.son-video.com/article/vinyle-cellules-et-diamants-cellules-hi-fi/grado/epoch-3">ce type de cellules à 13 900&nbsp;€ (edit&nbsp;: 14 995&nbsp;€ maintenant)</a>, mais <span lang="lat">a priori</span> ça sonnera moins chaud et moins
	rond.
</p>

<blockquote>Le vinyle a une meilleure plage dynamique.</blockquote>

<p>Non.</p>

<p>
	Bien au contraire. À cause d’un bruit de fond plus élevé (le diamant frotte
	sur de la matière, même dans un sillon totalement droit en l’absence de
	signal enregistré), la plage dynamique (qui est la différence entre les sons
	les plus faibles et les sons les plus forts) du vinyle est d’environ
	60&nbsp;<abbr title="décibels">dB</abbr>. Celle du CD est de 96&nbsp;dB. Ce sont les
	tendances récentes en matière d’enregistrement audio qui ont massacré la
	dynamique sur de nombreux enregistrements de l’ère numérique. Et les radios.
	<a href="https://www.lesnumeriques.com/audio/bienvenue-dans-guerre-volume-a2127.html">La plage dynamique de NRJ est de… 1 dB</a>.
</p>

<blockquote>
	Après la masterisation, qui s’effectuait à l’aide d’une console analogique,
	le son «&nbsp;définitif&nbsp;» enregistré sur une autre bande dit «&nbsp;maîtresse&nbsp;» était
	plus naturel, chaud et profond, bref idéal pour une gravure sur le support
	vinyle, tout en respectant la fameuse norme RIAA. (<a href="https://www.mesdisquesvinyles.com/dossier-ou-acheter-des-disques-vinyles-criteres-prix/">Source</a>)
</blockquote>

<p>😂</p>

<p>
	Cette phrase ne veut absolument rien dire. Un master traité par la formule
	RIAA est inécoutable en l’état. Cette formule standardisée par la
	<span lang="en">Recording Industry Association of America</span> consiste à
	déformer l’onde du signal audio lors de l’étape du
	<span lang="en">mastering</span> vinyle en diminuant le niveau des basses
	fréquences et en augmentant celui des hautes fréquences, afin que les
	premières puissent tenir dans le sillon sans déborder dans la spire
	d’à-côté, et que les deuxièmes soient suffisamment larges pour être
	physiquement présentes dans le substrat en vinyle lors du pressage.
	L’application de la formule inverse par le préampli phono lors de la lecture
	permet de retrouver l’onde sonore d’origine.
</p>

<figure>
	<img src="images/RIAA-EQ-Curve_rec_play.svg.png" alt="Courbes d’enregistrement et de lecture de la formule RIAA." loading="lazy">
	<figcaption>
		Courbes d’égalisation RIAA, lors de l’enregistrement et lors de la
		lecture. (Image
		<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89galisation_RIAA#/media/Fichier:RIAA-EQ-Curve_rec_play.svg">Wikipédia</a>)
	</figcaption>
</figure>

<blockquote>Le vinyle monte plus haut dans les aigus.</blockquote>

<p>Oui.</p>

<p>
	Avec une fréquence d’échantillonage numérique de 44,1&nbsp;<abbr title="kilohertz">kHz</abbr>, le CD n’autorise des sons que d’une fréquence maximale de 22,05&nbsp;kHz, là
	où le vinyle peut en théorie stocker de l’information sans limites en termes
	de fréquence (à part la limite quantique qu’est la longueur de Planck). Mais
	au bout d’une dizaine de lectures, le diamant d’une platine aura déjà raboté
	les infimes variations de matière correspondant aux fréquences supérieures à
	cette valeur sur un disque vinyle. Et de toutes façons, l’oreille humaine ne
	peut percevoir de fréquences au-delà de 20 kHz environ. Et encore, au début
	de sa vie. Si vous êtes en âge de lire ce blog, vous n’êtes plus dans ce
	cas, désolé 😬.
</p>

<blockquote>
	Les signaux gauche et droit de la stéréo sont gravés sur les flancs gauche
	et droit du sillon.
</blockquote>

<p>Non.</p>

<p>
	Mais c’est un autre sujet. Qui fera peut-être l’objet d’un autre billet, qui
	sait.
</p>

<blockquote>
	Le vinyle est une vraie représentation de l’onde sonore, alors que le
	numérique n’en garde que des pointillés.
</blockquote>

<p>Oui.</p>

<p>
	En tant que signal continu, la gravure d’un microsillon se veut être
	l’inscription exacte (moyennant la courbe RIAA) du son dans la matière
	plastique. Le CD, quant à lui, restitue 44&nbsp;100 échantillons de cette onde
	par seconde. Quelle serait la distance entre ces échantillons, si on les
	représentait le long d’un sillon de vinyle&nbsp;? Calculons.
</p>

<p>
	Un <abbr title="Long Player">LP</abbr>, ou «&nbsp;33 tours&nbsp;», tourne 100/3 fois
	sur lui-même en une minute. La première spire d’un LP, celle qui présente la
	meilleure qualité sonore pressée (mais pas forcément la meilleure qualité
	restituée. Pourquoi&nbsp;? Autre sujet, prochain billet, peut-être 😉), a un
	diamètre approximatif de 28&nbsp;cm. Son périmètre est donc de 2 x π x 14&nbsp;cm,
	soit ≈ 48,87&nbsp;cm. Si l’on divise maintenant cette valeur par le nombre
	d’échantillons par seconde (44&nbsp;100), on découvre que les échantillons
	seraient espacés de 0,001&nbsp;cm le long du sillon. Cela correspond à 10&nbsp;<abbr title="micromètres">µm</abbr>.
</p>

<p>
	À titre de comparaison, un spermatozoïde mesure, flagelle compris, environ
	50&nbsp;µm. Il faut donc se représenter l’échantillonage de qualité CD comme un
	pointillé le long du sillon tous les 1/5 de spermatozoïde.
</p>

<p>
	Si l’on considère la taille et le nombre des poussières déposées sur le
	vinyle et de celles incrustées lors de son pressage (qui n’est pas effectué
	en salle blanche), cela remet les choses en perspectives.
</p>

<p>
	Quelques photos prises au microscope électronique avec l’échelle représentée
	peuvent aussi nous y aider.
</p>

<figure class="quintuple">
	<img src="images/r2_5.jpg" alt="Microsillon au microscope électronique, grossissement 1000 fois." loading="lazy" id="ogimage">
	<img src="images/record_groove.jpg" alt="Microsillon au microscope électronique, grossissement 500 fois." loading="lazy">
	<img src="images/grv3.jpg" alt="Microsillons au microscope électronique, vus d’en haut, grossissement 200 fois." loading="lazy">
	<img src="images/record_1.jpg" alt="Microsillons au microscope électronique, vus d’en haut en biais, grossissement 200 fois." loading="lazy">
	<img src="images/96d6ba8330cfdb1ab8952a66560bafeec87bdcae3cf031a26565cd5df097800a.jpg" alt="Spermatozoïde au microscope électronique, grossissement 9000 fois." loading="lazy">
	<figcaption>
		(Photos
		<a href="http://www2.optics.rochester.edu/workgroups/cml/opt307/spr05/chris/">Chris Supranowitz</a>
		et <a href="https://images.cnrs.fr/photo/20110001_0554">CNRS</a> )
	</figcaption>
</figure>

<p>
	Ajoutons enfin que le signal électrique envoyé à l’amplificateur par le
	dispositif de conversion numérique vers analogique (intégré à la platine CD,
	à l’ordinateur, au smartphone, ou bien externe à ceux-ci), appelé DAC, n’est
	pas le signal «&nbsp;haché&nbsp;» correspondant à une sinusoïde qui serait constituée
	de chacun des points d’échantillonnage reliés par un segment de droite. Le
	travail du DAC est de recalculer une courbe «&nbsp;douce&nbsp;», continue, à partir
	des points d’échantillonnage discrets. Un DAC de qualité correcte fournira
	donc une onde tout à fait similaire à celle récupérée à la sortie de
	l’amplificateur phono d’une platine vinyle. Le bruit de fond et les
	parasites physiques en moins.
</p>

<blockquote>OK, j’ai compris, le vinyle c’est pourri.</blockquote>

<p>Pas du tout. 🙂</p>

<p>
	Je n’achète de la musique qu’en format vinyle depuis des années. J’ai la
	chance d’écouter des artistes un peu «&nbsp;hipsters&nbsp;» qui se sont lancés il y a
	déjà un moment dans ce qui est maintenant devenu une mode, un
	<span lang="en">revival</span>.
</p>

<p>
	J’écoute ma musique essentiellement en format numérique sans perte (<span lang="en">lossless</span>), que je télécharge souvent «&nbsp;illégalement&nbsp;», et j’achète seulement les
	vinyles des artistes que j’écoute le plus pour les soutenir fiancièrement et
	pour le côté fétichiste de l’objet. J’aime la qualité parfaite du son
	numérique sur un bon système hi-fi, et je ne pourrais pas me permettre de
	payer toute la musique que j’écoute. Et même si je le pouvais, je refuse
	d’acheter des fichiers numériques à l’unité (à part sur Bandcamp pour
	soutenir les artistes qui n’ont pas pu matérialiser leurs œuvres), sans la
	petite satisfaction du déballage, sans le petit rituel d’écoute d’un bout à
	l’autre de l’album en feuilletant le livret.
</p>

<p>
	Je pourrais, dans la même démarche de soutien financier de l’artiste,
	acheter des CD comme je l’ai fait pendant des années, mais je trouve l’objet
	moche et sans âme, et après avoir importé les fichiers numériques sur
	l’ordinateur, ne n’y touche plus jamais.
</p>

<figure>
	<img src="images/img_4703.jpg" alt="Vinyle transparent avec inclusions de noir, sur une platine." loading="lazy">
	<figcaption>
		Édition limitée de l’album d’Emma Ruth Rundle, Engine of Hell.
	</figcaption>
</figure>

<p>
	J’aime les grandes pochettes des vinyles, j’aime les éditions spéciales
	soignées et leurs disques aux couleurs improbables, j’aime voir le son
	imprimé dans la matière, et me rappeler les étapes et les défis techniques
	qu’il a fallu traverser pour approcher d’aussi près la perfection avant que
	cela ne devienne si facile avec le numérique, j’aime découvrir les
	<span lang="en">runout-groove etchings</span> (les quoi&nbsp;? Autre sujet,
	billet, peut-être) et leurs petits messages cachés, j’aime les moments où je
	prends le temps de poser le disque pour rendre hommage à l’album entier avec
	ses enchaînements tels qu’ils ont été conçus par l’artiste, j’aime savoir
	que la courroie, le bras, la cellule, le diamant ne seront jamais dans une
	configuration parfaite tellement les paramètres sont variables, j’aime la
	surprise trop rare d’entendre un son presque aussi profond que celui de la
	version numérique lorsque les techniciens ont mis toute leur expertise en
	œuvre pour créer un bon et beau disque qui rend justice au travail de
	l’artiste.
</p>

<figure class="double">
	<img src="images/9e2ce4dccfdaf790.jpg" alt="Gravure sur un vinyle, près de l’étiquette&nbsp;: «&nbsp;KIM, KELLEY, JOSEPHINE, JIM&nbsp;»." loading="lazy">
	<img src="images/49a66d9daf82d45a.jpg" alt="À l’opposé, une tête de chat dessinée." loading="lazy">
	<figcaption>
		Les <span lang="en">runout-groove etchings</span> sur l’album des
		Breeders <cite>All Nerves</cite>.
	</figcaption>
</figure>

<p>
	J’aime la musique en concert, j’aime la musique enregistrée, et j’aime le
	disque vinyle. 😍
</p>
]]></content:encoded>
				</item><item>
				<title>Tiens, salut !</title>
				<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 14:54:46 GMT</pubDate>
				<link>https://blog.cybergrunge.dev/tiens-salut</link>
				<description>Eh bien voilà, j’ai un blog.</description>
				<content:encoded><![CDATA[

<p id="description">Eh bien voilà, j’ai un blog.</p>

<p>Bon, c'est minimaliste hein&nbsp;? Mais je crois que l’essentiel est là, et les améliorations viendront au fur et à mesure. L’accessibilité n’est sans doute pas à son top niveau, la typographie et les perfs non plus, et j’aimerais bien ajouter des joujous comme les webmentions.</p>

<p>Mais il me fallait un espace pour râler encore un peu plus 😁 et ça y est, je l’ai. Et surtout je l’ai fait essentiellement à la main, sans moteur de blog, sans framework à la mode… Et j’avais besoin de ça. Par contre ça va forcément se casser la binette de temps en temps, c’est hébergé sur un serveur dédié boiteux qui a déjà beaucoup à faire, et je ne suis pas sysadmin.</p>

<p>Maintenant il va falloir le remplir cet espace. J’ai déjà quelques fils Mastodon à rapatrier ici, et deux ou trois idées neuves également.</p>

<p>À bientôt, si ça vous dit. <a href="rss">Le fil RSS est prêt</a> 😉 (enfin si je ne l’ai pas pété).</p>]]></content:encoded>
				</item>	</channel>
				</rss>